Les chroniques du corps

Endométriose, quelles ressources pour mieux vivre son cycle ?

J’accompagne régulièrement au Labo Corps Accord des femmes souffrant d’endométriose, en Suivi-patient et prise en charge de la douleur.

Ensemble, nous travaillons sur les différents types de douleurs liées à l’endométriose: la douleur inflammatoire aiguë, qui terrasse, la douleur inflammatoire chronique, lancinante, la douleur neuropathique, déconcertante …

En complément des traitements médicaux, il n’y a pas de baguette magique, mais toute une foule d’actions à mettre en place au niveau alimentation, activité physique, techniques corporelles, gestion du stress et des émotions.

Ce sont tous ces points de levier sur lesquels je peux vous accompagner dans une démarche globale et qui, additionnés, permettent progressivement de retrouver un accord avec son corps, d’apaiser les douleurs, de reprendre confiance en ses capacités, pour pas-à-pas gagner en qualité de vie avec son endométriose.

Les différents moyens de calmer les douleurs

Les anti-douleurs

D’abord, je peux aborder avec vous les différents moyens de calmer les douleurs, avec en premier lieu les anti-douleurs médicamenteux.

Il existe de nombreuses classes d’antalgiques différents, et donc même si l’un ne fonctionne pas pour vous, ce ne sera pas forcément le cas de tous. Il ne faut donc pas hésiter à demander différents essais à son médecin.

De plus, les actions des antalgiques ne sont pas toutes les mêmes : selon les douleurs inflammatoires aiguës, inflammatoires chroniques, douleurs neuropathiques, différents médicaments peuvent être utiles. Décrivez précisément vos différentes sensations douloureuses à votre médecin pour qu’il puisse orienter au mieux sa prescription.

L’activité physique

Ensuite, l’activité physique et la mobilisation sont des clés très importantes pour se sentir mieux.

Parfois, quand on ne se sent pas bien, quand les douleurs sont présentes, on a tendance à moins bouger, à vouloir rester en boule sous sa couette, et à se renfermer. C’est exactement là qu’il faut se forcer un peu.

Malgré les apparences, plus on bouge et moins on a mal. L’activité, et plus spécialement en extérieur, vient redonner de l’énergie, libérer des endorphines, permet de s’aérer, synthétiser de la vitamine D, reprendre contact avec la nature, ou s’accorder une pause régénérative avec un cours de yoga. Bref, vous vous sentirez mieux !

L’idéal est d’arriver à 30 min par jour d’activité, alors toutes les occasions sont bonnes : un tour de vélo, descendre du bus plus tôt, donner rendez-vous à une copine pour aller courir, etc.

Les approches corporelles de mobilisation passive

De plus, comme le mouvement actif, la mobilisation passive et les approches corporelles d’ostéopathie, de kinésithérapie et de massages, vont permettre d’assouplir les adhérences qui s’installent chaque mois avec la maladie.

Le but est d’éviter qu’elles se rigidifient car elles deviennent encore plus douloureuses. L’objectif est de travailler sur les blocages physiques dus à ces adhérences, de les mobiliser pour gagner en relâchement musculaire et articulaire, en assouplissement et en mobilité.

C’est tout l’intérêt de ces séances régulières avec un.e ostéopathe et un.e kiné spécialisé.e dans les douleurs pelviennes et qui connaît bien l’endométriose.

Pour mes patientes, j’ai choisi de proposer la technique du massage traditionnel thaï, d’abord parce qu’il se pratique habillé et est donc moins intrusif, sur un futon à mi-hauteur pour être accessible à tou.te.s. Surtout parce que c’est un massage qui travaille sur la décontraction de toutes les chaînes musculaires et articulaires en profondeur, tout en stimulant la circulation sanguine et lymphatique pour redonner de l’énergie.

Par ailleurs, il existe un effet important de rétroaction du toucher sur les messages nerveux douloureux : les sensations tactiles du massage vont court-circuiter la transmission des messages douleur au cerveau.

C’est aussi une façon de réapprendre à son corps d’autres sensations que les sensations douloureuses, comme une sorte de rééducation par les sensations positives, agréables. C’est pourquoi les massages sont si importants et utiles pour vous. N’hésitez pas à vous offrir ces moments de douceur qui vont vous faire du bien.

Il faut savoir que c’est le même phénomène de court-circuit de message nerveux qui est aussi utilisé dans l’application de chaud avec une bouillotte, de froid avec une poche de gel, ou même d’électrostimulation par un petit appareil «TENS » (Transcutaneous Electrical Nerve Stimulation en anglais). L’idée est toujours de bloquer la transmission du message douloureux par un autre message nerveux sensitif.

L’alimentation et la phytothérapie, de véritables alliées

En effet, afin de diminuer votre inflammation chronique, nous pourrons réfléchir ensemble à votre alimentation qui peut bien aider.

L’idéal est de se rapprocher d’une alimentation dite anti-inflammatoire, qui peut se baser sur le modèle de l’alimentation « méditerranéenne » en y ajoutant de petits bonus.

Cette alimentation va renforcer les apports en vitamines, minéraux, oligo-éléments, fibres et protéines végétales, augmenter les anti-inflammatoires et anti-oxydants naturels, tout en minimisant les aliments pro-inflammatoires.

Cela va permettre de diminuer l’inflammation chronique basale, celle qui est présente quasiment en permanence et qui maintient les douleurs chroniques. Et tous les bons apports vont aussi permettre de dynamiser la vitalité, booster le système immunitaire et reprendre du tonus !

L’idée est de miser au maximum sur les légumes et fruits frais, sans oublier les aromates et épices. Certaines sont très puissantes, cela vaut le coup de les connaître pour en ajouter tous les jours dans son assiette !

On diminue aussi la part des protéines et graisses animales pour augmenter celles végétales, en s’appuyant sur les bonnes huiles. Et on s’hydrate abondamment avec les thés les plus anti-oxydants et les tisanes adaptées pour profiter des bienfaits de la phytothérapie.

La gestion du stress

Enfin, il est primordial de trouver une technique de gestion du stress et des émotions qui vous convient bien. Cela peut être par exemple la méditation de pleine conscience proposée au Labo Corps Accord.

Pourquoi cette gestion du stress et des émotions est importante ? Pas du tout parce que les douleurs chroniques, « c’est dans la tête ! » mais parce que le cerveau exerce aussi un contrôle cérébral de la douleur. En effet, si les émotions négatives, ou l’anxiété sont fortes, – et bien entendu il est normal d’être anxieuse quand on redoute l’arrivée ou l’installation des douleurs -, alors cette anxiété va hyperactiver la zone cérébrale de la douleur.

Au contraire, une technique comme la méditation, la sophrologie, l’hypnose, va permettre d’apprivoiser ses émotions négatives, d’apprendre à ne pas les laisser devenir envahissantes, les garder à leur juste place, afin de ne pas suractiver la zone cérébrale de la douleur mais y apporter de la maîtrise.

Et apprendre à gérer ses émotions, cela va développer sa capacité d’action, permettant une reprise de contrôle sur sa maladie, ne plus être seulement en position de subir mais redevenir actrice de sa santé, reprendre le pouvoir et être décisionnaire, ce qu’on appelle l’« empowerment ». Et cela, c’est très satisfaisant et cela apporte beaucoup de gain en qualité de vie !

S’écouter

Pour finir, et même si ce n’est pas toujours facile, les femmes atteintes d’endométriose le sentent bien : il est aussi important d’essayer de suivre les vagues de son cycle plutôt que de s’y opposer.

Connaître les différentes phases et leurs énergies antagonistes : reconnaître les moments où il faut s’accorder du temps, de la douceur et du cocooning, anticiper les phases de descente pour ne pas se laisser engloutir, car on sait que la remontée va suivre, se projeter dans les moments où l’on sait que l’énergie va revenir pour en profiter au maximum…

Finalement, apprendre à vivre avec son corps, ses forces, ses faiblesses et les signes qu’il nous envoie, pour retrouver une belle qualité de vie.

Pour en savoir plus sur le sujet, contactez-moi ou suivez le @labo_corps_accord sur Instagram ou Facebook !

La Consultation d’Éthique Clinique

Depuis Janvier 2022, je participe une fois par mois à la consultation d’éthique clinique du CHU de Nantes.

Il s’agit d’un comité composé autant de soignants (infirmiers, médecins, …) que de non soignants (philosophes, juristes, représentants d’usagers, …) qui propose un éclairage interdisciplinaire et collégial sur les tensions éthiques de la pratique quotidienne du soin et de l’accompagnement.

Face à des situations complexes qui paraissent insolubles, des doutes, des dilemmes, tout professionnel du soin ou patient, qui souhaite une aide à la réflexion et à la décision, peut solliciter la consultation d’éthique clinique.

L’éthique clinique, c’est une démarche de questionnement et de réflexion, face à ces incertitudes, ces dilemmes auxquels les acteurs du soin sont régulièrement confrontés, afin de les accompagner dans une aide à la réflexion et à la décision, pour sortir de ces impasses de l’action.

Le Labo Corps Accord, c’est aussi cette modeste participation au comité de consultation d’éthique clinique du CHU de Nantes.

Le Labo Corps Accord, c’est quoi ?

Un lieu ressource pour les personnes vivant avec une maladie chronique, un traitement au long cours, ou des douleurs récurrentes. Mais aussi après un cancer, après une naissance, après un moment physiquement éprouvant…

Un lieu pour prendre soin de soi, développer son autonomie dans la santé et sa qualité de vie au quotidien.

Un lieu pour soulager la douleur, la fatigue, retrouver de la mobilité, et revaloriser son image corporelle.

Un lieu d’accompagnement de soin global, pour vous redonner les clés de votre santé !

Prenez soin de vous avec le Labo Corps Accord !

Accompagnement patient, prise en charge de la douleur, et techniques corporelles

Labo Corps Accord : 06 67 84 65 56

L’éducation thérapeutique, qu’est-ce que c’est ?

Comment l’éducation thérapeutique, renforcée par les techniques corporelles,s peut vous aider à vivre mieux au quotidien avec une longue maladie ?

L’éducation thérapeutique du patient, souvent appelée ETP, est un accompagnement destiné en particulier aux personnes souffrant de maladie chronique ou de longue durée, comme un cancer, une fibromyalgie, une maladie cardiaque, une sclérose en plaque, du diabète, de l’asthme, etc…

Cet accompagnement permet au patient d’acquérir ou de renforcer ses compétences propres pour gérer le quotidien avec sa maladie, avoir toutes les cartes en main pour vivre au mieux, ce qu’on appelle aussi l’empowerment.

L’éducation thérapeutique permet au patient d’acquérir ou de renforcer ses compétences propres pour gérer le quotidien avec sa maladie, avoir toutes les cartes en main pour vivre au mieux !

Il s’agit alors de bien comprendre ce qui se passe exactement dans son propre corps, pas toujours facile à décrypter sous le jargon médical. Puis, de bien comprendre aussi comment agit son traitement, quel est son intérêt et surtout, comment minimiser ses effets secondaires. Car vivre avec une maladie chronique, au-delà de l’annonce qui peut parfois être déstabilisante, voire même provoquer un vrai choc, c’est ensuite gérer la vie avec la maladie dans la longue durée. Ce qu’on supporte un temps court sera plus difficile à encaisser au long cours… Les effets indésirables se font plus gênants, les mille et uns petits empêchements pèsent sur la vie de tous les jours.

L’éducation thérapeutique propose d’abord de remettre de la cohérence dans son parcours de soin, pourquoi avoir été ballotté de spécialiste en spécialiste, quels éléments complémentaires ont-ils apporté au diagnostique ou à la compréhension de la maladie ?

Ensuite, en examinant ensemble son mode de vie au quotidien, il est possible pour le patient de définir ses propres objectifs, simples et réalisables, ce qui est le plus important pour lui, ce qui sera différent de son voisin, même souffrant de la même maladie.

Alors, on construira ensemble des aménagements pour rendre le quotidien plus fluide, plus confortable, malgré la maladie, et essayer au mieux d’aller vers ses objectifs.

L’éducation thérapeutique est souvent proposée à l’hôpital, et généralement en ateliers collectifs. Le collectif a ses intérêts propres, en particulier le partage d’expérience entre pairs, qui peut être très enrichissant. Mais j’ai choisi de pratiquer l’éducation thérapeutique en suivi individuel, car je crois que cela apporte au patient un accompagnement différent, complètement personnalisé, adapté à chaque situation dans sa singularité. Je pense aussi qu’il est plus facile de se livrer dans ce qu’il y a de plus personnel de son quotidien avec la maladie dans le cocon d’un cabinet, seul et face à face avec un soignant.

Comme ces longues maladies s’accompagnent souvent d’une grande fatigue et de douleurs récurrentes, des techniques corporelles comme les massages, le yoga, le pilates, ainsi que des techniques de gestion du stress comme la méditation de pleine conscience, la sophrologie, la relaxation, sont vraiment complémentaires pour aider à gérer ces douleurs, stress et fatigue chroniques.

C’est en agissant autant sur le mental que sur le corps qu’on obtient les résultats les plus efficaces. C’est pourquoi j’ai voulu, au sein du Labo Corps Accord, proposer un accompagnement de soin global, centré sur la personne, qui aborde toutes ces facettes pour « mieux-vivre », grâce à l’éducation thérapeutique, la méditation de pleine conscience, le massage traditionnel thaï ou le yoga, pour apprendre à prendre soin de soi, gagner en autonomie dans sa santé, en qualité de vie et mieux-être au quotidien, et reconstruire son image corporelle.